Il y a des noms de quartiers qui ne passent pas inaperçus. Au nord de Toulouse, celui des Trois Cocus suscite forcément quelques interrogations. Faut-il y voir une histoire de maris trompés ? Pas vraiment ! Derrière cette appellation insolite se cache une origine bien plus ancienne. Des premières mentions dans les archives aux transformations du paysage urbain, retour sur l’histoire d’un quartier toulousain qui a su garder son identité.
Trois Cocus à Toulouse : une origine occitane qui prête à sourire
Commençons par lever le doute : les Trois Cocus ne doivent probablement rien à trois épouses infidèles ! L’explication la plus connue nous ramène à l’occitan. À l’origine, on parlait des « Tres Cocuts », autrement dit des trois coucous.

Selon une tradition locale, ces oiseaux auraient figuré sur la façade d’une ancienne demeure aujourd’hui disparue. Une autre anecdote raconte que des soldats napoléoniens, peu familiers de la langue d’oc, auraient mal retranscrit cette appellation en français.
Toutefois, l’histoire est un peu plus complexe. Les archives mentionnent déjà un lieu-dit « des Trois Écus » en 1727, puis « des Trois Coucuts » en 1740. L’origine exacte du nom reste donc discutée.
Une chose est sûre : cette appellation a suscité quelques réactions amusées au fil du temps. En 1906, des habitants auraient même demandé au maire Albert Bedouce de rebaptiser leur quartier. Sa réponse, restée célèbre, aurait été de leur conseiller de conserver leurs trois cocus et de ne surtout pas augmenter leur nombre !
Des terres maraîchères au quartier résidentiel : les Trois Cocus ont bien changé
Bien avant les immeubles, le métro et les équipements culturels, les Trois Cocus avaient des airs de campagne. Au XIXe siècle, ce secteur du nord toulousain était notamment marqué par les activités maraîchères. Ses terres agricoles contribuaient à approvisionner la Ville rose en fruits et légumes.

Puis, au fil du XXe siècle, le paysage a progressivement changé. La construction de logements collectifs s’accélère à partir des années 1950 et transforme profondément le secteur. Dans les années 1960 et 1970, le quartier accueille notamment de nouvelles populations, dont des rapatriés d’Algérie.
Un quartier entre héritage et renouveau
Aujourd’hui, les Trois Cocus ont définitivement changé de visage. Pourtant, quelques traces de leur passé agricole subsistent. La ferme Borde Bio et ses cultures et les jardins partagés rappellent notamment cette histoire maraîchère.

Le quartier possède également plusieurs lieux de vie et de loisirs. On y trouve le parc de la Maourine, le cinéma Utopia et la salle de concert Le Metronum. Desservi par la ligne B du métro, le secteur est désormais bien connecté au centre-ville.
Enfin, les opérations de renouvellement urbain continuent de faire évoluer ce quartier du nord de Toulouse. Une transformation qui n’efface pas son histoire, ni ce nom décidément pas comme les autres !